Rénovation du bâti et préservation de la biodiversité
Dans un contexte de massification de la rénovation thermique et de renouvellement urbain, la prise en compte de la biodiversité du bâti devient un enjeu majeur pour les acteurs de l’aménagement et du logement. Si ces transformations sont essentielles pour améliorer la performance énergétique des bâtiments, elles peuvent aussi fragiliser une biodiversité urbaine discrète, composée d’espèces protégées trouvant refuge dans le bâti.
C’est pour répondre à ce défi que la Ligue pour la Protection des Oiseaux France (LPO) a lancé en 2023 le projet “Rénovation du bâti et biodiversité”, avec le soutien de l’Office Français de la Biodiversité (OFB), de l’ADEME et de Bouygues Immobilier.
Conscient de ces enjeux, Meldomys s’engage aux côtés de la LPO à travers un site pilote situé à Longué-Jumelles (49). Cette démarche s’inscrit pleinement dans la politique d’engagement environnemental de Meldomys, qui vise à intégrer les enjeux de biodiversité dès la conception des projets.
Le projet national “Rénovation du bâti et biodiversité”, une référence portée par la LPO
Le projet, porté par la LPO, vise à préserver les habitats des espèces protégées dans les projets de rénovation énergétique et de démolition.
Il repose sur un travail collaboratif interprofessionnel réunissant associations de protection de la biodiversité, collectivités territoriales, acteurs du bâtiment, architectes et organismes scientifiques, et a abouti à la publication du guide technique “Rénovation du bâti et biodiversité”.
Les espèces du bâti : une biodiversité protégée mais fragile
Les espèces du bâti sont des animaux qui se sont adaptées à l’environnement urbain en utilisant les bâtiments pour accomplir tout ou partie de leurs cycles biologiques.
Plusieurs espèces protégées du bâti sont directement concernées par les projets de rénovation, notamment :
- les moineaux domestiques,
- les martinets noirs,
- les hirondelles,
- plusieurs espèces de chauves-souris,
- et d’autres espèces comme le rougequeue noir, l’effraie des clochers et le lézard des murailles.
Ces espèces, protégées par la loi, sont aujourd’hui pour beaucoup en déclin, en raison de la disparition de leurs habitats, et notamment :
- de la disparition des cavités lors des travaux d’Isolation Thermique par l’Extérieur (ITE),
- du lissage des façades,
- de la démolition de bâtiments anciens,
- et de la dégradation des abords végétalisés.
Longué-Jumelles (49) : un site pilote exemplaire porté par Meldomys
Dans le cadre de l’aménagement de l’ancien hôpital de Longué-Jumelles, un diagnostic écologique complet du site, réalisé par la LPO Pays de la Loire, a été mené sur quatre saisons à la demande de la commune et du groupe Meldomys. Ce projet illustre concrètement les enjeux de la rénovation du bâti et de la biodiversité en milieu urbain, en Maine-et-Loire, dans un contexte de préservation du vivant à l’échelle locale.
Les résultats ont révélé la présence de 12 espèces protégées, fréquentant les bâtiments voués à la démolition, dont :
- plusieurs espèces d’oiseaux nicheurs (martinets, moineaux, hirondelles, rougequeue noir),
- différentes espèces de chauves-souris utilisant les bâtiments à différentes périodes de l’année,
- un lézard des murailles.
Face à ces enjeux, et compte tenu de la démolition nécessaire de certains bâtiments pour des raisons d’intérêt public majeur, le site a été proposé comme site pilote du projet national.
Quelles mesures pour préserver la biodiversité lors d’une rénovation du bâti ?
La démarche menée à Longué-Jumelles respecte strictement la séquence légale réglementaire “Éviter – Réduire – Compenser”.
Cette démarche a pour principe de d’abord chercher à éviter l’impact sur la biodiversité, le réduire, et au cas où il ne serait pas possible d’éviter ou de réduire de façon satisfaisante, le compenser, ce qui implique de déposer une demande de dérogation à la destruction d’espèces protégées auprès des services de l’État.
Les mesures mises en œuvre :
- adaptation du calendrier des travaux pour éviter les périodes sensibles des espèces,
- mise en sécurité de la faune en phase de démolition (systèmes anti-retours, obturation des cavités, …),
- maintien d’habitats fonctionnels pendant la phase de chantier, grâce à l’installation de nichoirs et gîtes adaptés,
- préservation des espaces végétalisés, via une organisation spécifique du chantier.
À terme, les constructions neuves intégreront également des aménagements architecturaux favorables à la biodiversité, assurant la continuité des habitats.
Un retour d’expérience précieux pour les futurs projets de rénovation du bâti et d’aménagement urbain
Toutes les mesures sont mises en œuvre avec l’accompagnement d’un écologue professionnel de la LPO Pays de la Loire, et encadrées par un arrêté de dérogation “Espèces protégées”.
Ces actions restent exceptionnelles et ne peuvent être envisagées qu’en dernier recours, lorsque l’évitement n’est pas possible.
Meldomys, acteur d’un aménagement durable
En participant activement à ce site pilote, Meldomys affirme sa volonté de concevoir des projets d’aménagement plus respectueux du vivant, conciliant exigences réglementaires, qualité de vie et responsabilité environnementale.
Une démarche qui illustre concrètement la vision de Meldomys : imaginer des territoires durables, où le bâti et la biodiversité peuvent cohabiter.
À travers ce projet pilote, Meldomys démontre qu’il est possible de concilier rénovation du bâti, exigences réglementaires et préservation durable de la biodiversité.




