Bas carbone, RE2020, rénovation énergétique : de quoi parle-t-on ?

07/07/2026

Maison avec l'échelle d'un DPE et un homme en arrière-plan

Le secteur du bâtiment est le deuxième plus gros émetteur de gaz à effet de serre en France, derrière les transports. Face à l’urgence climatique, le logement social est en première ligne, à la fois comme acteur de la transition et comme garant du pouvoir d’achat des ménages modestes. Trois notions structurent aujourd’hui l’action du Mouvement HLM en matière environnementale : la construction bas carbone, la RE2020 et la rénovation énergétique. Voici les clés pour comprendre ce que recouvrent réellement ces termes.

La construction bas carbone : aller plus loin que l’énergie

Pendant longtemps, évaluer la performance d’un bâtiment se limitait à mesurer sa consommation d’énergie en phase d’usage (chauffage, eau chaude, éclairage). La notion de construction bas carbone élargit radicalement ce regard. Il s’agit de prendre en compte l’ensemble du cycle de vie du bâtiment :

  • la construction,
  • l’exploitation,
  • la fin de vie du bâtiment.

Ce virage vers le bas carbone est inscrit dans la Stratégie Nationale Bas-Carbone (SNBC), qui fixe une feuille de route ambitieuse pour lutter contre le changement climatique. Elle définit une trajectoire de réduction des émissions de gaz à effet de serre jusqu’à l’atteinte de la neutralité carbone en 2050.

Le saviez-vous ? Les HLM produisent aujourd’hui 11 % du total des émissions de CO₂ au niveau national, alors qu’ils représentent 16 % du parc des résidences principales. Un différentiel qui témoigne des efforts déjà engagés.

La RE2020 : la nouvelle réglementation de la construction neuve

Entrée en vigueur le 1er janvier 2022, la Réglementation Environnementale 2020 (RE2020) remplace la RT2012, ancienne réglementation purement thermique. C’est une rupture majeure : pour la première fois en France, la réglementation de la construction neuve (maisons individuelles, logements collectifs) intègre non seulement les consommations d’énergie mais aussi les émissions de carbone.

La RE2020 poursuit trois grandes ambitions :

  • sobriété énergétique et décarbonation de l’énergie,
  • réduction de l’empreinte carbone,
  • garantie de confort en cas de forte chaleur.

Depuis le 1er janvier 2025, les exigences de la réglementation RE 2020 se renforcent, avec de nouveaux seuils, durcissant les plafonds à respecter pour diminuer le poids carbone de construction. De nouveaux seuils seront mis en place en 2028 et 2031.

Ces évolutions permettent à la filière construction, dont les organismes HLM, de s’adapter progressivement, en anticipant les solutions techniques et les matériaux biosourcés, géosourcés ou réemployés.

Le saviez-vous ? Construire en RE2020 peut entraîner une hausse modérée des coûts de construction, estimés entre 5 et 10 % selon la typologie des projets, leur localisation et les choix constructifs retenus.

La rénovation énergétique : un enjeu massif pour le parc existant

Au-delà de la construction neuve, l’enjeu des bailleurs sociaux est celui de la rénovation énergétique. Le parc social affiche aujourd’hui de meilleures performances énergétiques que l’ensemble du parc résidentiel : sa consommation moyenne en énergie primaire est inférieure de 30 % par rapport aux autres logements, et 76 % des logements sociaux ont une étiquette énergétique D ou supérieure.

Malgré ces résultats, une partie du parc reste à rénover. On estime à environ 7,4 % la part de passoires thermiques (étiquettes F et G) dans le parc social, contre 15,9 % dans le privé. Ce sont autant de logements dont les occupants, souvent parmi les ménages les plus modestes, supportent des charges énergétiques trop lourdes.

La loi Climat et Résilience de 2021 prévoit l’interdiction progressive de la location des logements les plus énergivores, et introduit des obligations de rénovation énergétique :

  • depuis le 1er janvier 2025, les logements étiquetés G sur le DPE sont considérés comme non décents,
  • à compter du 1er janvier 2028, les logements étiquetés F sur le DPE seront considérés comme non décents.

Pour tenir les objectifs prévus par la loi Climat et Résilience, et ceux de la SNBC, l’Union Sociale pour l’Habitat (USH) a chiffré à 300 milliards d’euros les investissements nécessaires pour tenir les objectifs de neutralité carbone en 2050, soit un rythme cible de 125 000 réhabilitations par an (contre 91 000 en moyenne sur 2018-2023).

En 2025, l’USH annonçait près de 150 000 commandes de travaux envisagées par les bailleurs sociaux, dont plus de 135 000 avec un changement d’étiquette énergétique à la clé, soit une hausse de 20 % par rapport à 2024.

Ces rénovations permettent non seulement de réduire l’empreinte carbone du parc social, mais aussi de maîtriser les charges des locataires, un enjeu central pour le pouvoir d’achat des ménages à revenus modestes.